Si vous souhaitez monter des projets pluridisciplinaires et que vous avez besoin de conseils ou d’informations à ce sujet, vous pouvez vous tourner vers les conseiller·es de la direction régionale des affaires culturelles (vous trouverez les contacts dans l’onglet « Régions ») ou vers le pôle de ressources culture et santé de votre territoire.
Des exemples de projets pluridisciplinaires existent également sur le site :
– L’auteur-illustrateur Alain Chiche a animé des ateliers de dessin et musique avec les résidents du foyer La Corne d’Or à Tourouvre, qui ont donné lieu à un livre d’artistes, une exposition et une restitution scénique.
– À l’hôpital Saint-Maurice, un projet associant une autrice et une plasticienne a permis la réalisation par les patient·es d’un livre d’artistes. Les deux artistes ont animé des ateliers mêlant écriture et expression plastique.
– Le programme Mots parleurs du Centre national du livre mêle lecture, écriture et mise en voix. Auteurs, autrices, comédien·nes et technicien·ne du spectacle sont partie prenante des projets.
D’autres exemples existent ailleurs :
– Au CHU de Tours, dans le service de néonatologie, des soirées associant musique et lectures d’histoires sont organisées une ou deux fois par an.
– La médiathèque intercommunale Entre Dore et Allier a conduit un projet artistique pluridisciplinaire avec les résident·es de la Maison St-Joseph à Lezoux, intégrant lectures, production de podcasts radiophoniques et photographie.
Deux types de projets peuvent être mentionnés, qui contribuent à la fois à rompre l’isolement des personnes prises en charge dans des structures de santé ou médico-sociales et à sensibiliser la population aux questions de santé et de handicap : les « Cordées » et les « Bibliothèques vivantes ».
- Les « Cordées » sont des groupes de personnes qui discutent par correspondance ou par voie électronique sur une thématique de leur choix. Ce système de correspondance est proposé par APF France handicap et est ouvert autant aux personnes en situation de handicap qu’aux autres personnes. Il vise entre autres à rompre l’isolement par l’écriture. Des ateliers d’écriture, appelés « cordées en groupe », sont également organisés en présentiel au sein des structures de l’APF France handicap ou d’autres établissements et services médico-sociaux.
- De nombreuses ressources existent sur les Bibliothèques vivantes. Le dispositif ZEST (zone d’expression contre la stigmatisation) du Centre de réhabilitation psycho-sociale de Lyon propose ainsi un guide de retour d’expérience ainsi qu’une page dédiée sur ce concept.Les Bibliothèques vivantes ont une pertinence toute particulière lorsqu’elles sont mises en place dans le cadre des semaines d’information sur la santé mentale car elles contribuent grandement à lutter contre la stigmatisation des troubles psychiques.Vous pouvez consulter des exemples de bibliothèques vivantes mises en place au Centre hospitalier du Rouvray (Bourgogne-Franche-Comté) ou à la Bibliothèque du Chesnay (Ile-de-France).
Il est possible de faire écrire les patient·es sur les troubles dont ils et elles souffrent (par exemple, la schizophrénie, les troubles bipolaires, etc.) pendant des ateliers d’écriture, puis de se rendre en bibliothèque pour faire intervenir les patient·es pendant une matinée ou deux. Les usager·es peuvent alors emprunter une « personne vivante » (le ou la patient·e), qui va leur lire ce qu’il ou elle a écrit.
S’ouvrir à d’autres personnes, améliorer son estime de soi…nombreux sont les bénéfices pour les patient·es qui interviennent dans ce cadre.
Les projets de bibliothèques vivantes peuvent faire l’objet d’une demande de financement dans le cadre des appels à projets culture-santé. Ces projets peuvent aussi être financés dans le cadre d’une enveloppe Quartier prioritaire de la Ville (QPV), des contrats territoire-lecture (CTL) ou dans le cadre d’une aide du CNL.
Dans le cadre de l’exception handicap au droit d’auteur, les organismes habilités peuvent réaliser des versions adaptées des œuvres protégées par le droit d’auteur pour les personnes empêchées de lire du fait d’un handicap. Selon les articles L. 122-5, L. 122-5-1, L. 122-5-2 et R. 122-13 à R. 122-22 du code de la propriété intellectuelle, la consultation de ces adaptations est réservée aux seuls bénéficiaires de l’exception, c’est-à-dire aux personnes en situation de handicap.
Pour des actions collectives incluant des personnes valides et en situation de handicap, il est toutefois possible de s’appuyer sur les livres audio du commerce. Par ailleurs, depuis la promulgation de la loi sur l’accessibilité des livres numériques, entrée en vigueur en 2025, de plus en plus de livres sont nativement accessibles.
Vous pouvez vous appuyer sur le Vade-mecum relatif à la mise en œuvre de « l’exception handicap » dans les bibliothèques publiques, proposé par le ministère de la Culture.
Voir aussi :
- La liste des organismes habilités dans le cadre de l’exception au droit d’auteur en faveur des personnes handicapées ;
- La demande d’habilitation au titre de l’exception au droit d’auteur en faveur des personnes en situation de handicap.
La démarche Facile à lire, portée souvent par ou en partenariat avec des bibliothèques de lecture publique, est pertinente à la fois pour les personnes en situation d’illettrisme et pour les publics accompagnés par des établissements de santé et des ESMS. En effet, la disponibilité pour la lecture des personnes hospitalisées ou prises en charge par un ESMS peut être malmenée (stress lié à la maladie, fatigue, situation de handicap temporaire ou permanente).
Pour en savoir plus sur la démarche Facile à lire, consulter le dossier consacré au dispositif Facile à lire sur le site de la Fill et l’article consacré au Facile à lire dans le contexte spécifique de la santé et du médico-social.
Dans l’onglet « Collections » de la boite à outils « Bibliothèques », vous trouverez quelques exemples d’outils adaptés pour les personnes malvoyantes ou non voyantes : livres audio, appareils de lecture Daisy, liseuses, loupes, etc.
Pour connaître l’ensemble des outils existants, vous pouvez vous rapprocher de bibliothèques et associations spécialisées dans ces types de handicap, comme la médiathèque Valentin Haüy, la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France, APF France handicap. Vous trouverez également un grand nombre d’informations dans deux guides réalisés par le ministère de la Culture, le guide « Accessibilité en bibliothèques et en CDI » (voir les pages 19 à 22, les pages 55 à 72) et le guide « Une culture accessible à tous et toutes » (voir les pages 55 à 59).
Le dispositif de portage de livres au domicile des seniors fonctionne mieux lorsque ces dernier·es connaissent la personne qui se rend chez eux pour leur apporter les livres. Ce service est donc plus simple à mettre en place dans des petites communes, où les habitant·es se connaissent bien.
Dans une commune de plus de 10 000 habitant·es, il vaut mieux commencer à une échelle modeste, en proposant d’abord ce service dans un seul quartier, puis éventuellement de l’élargir à l’ensemble de la ville.
En préambule, il s’agit de s’appuyer sur les associations ou structures qui accompagnent des personnes âgées pour identifier celles qui seraient intéressées par un service de portage de livres à domicile. Il convient ensuite de recueillir les besoins de ces personnes. La possibilité d’aller soi-même chercher ses livres permet aussi de créer du lien social. Le même dispositif peut donc être reçu de manière très différente d’une commune à l’autre.
Les collectivités membres du réseau francophone « villes amies des aînés », mettent en place des ateliers de concertation avec les séniors pour connaître leurs souhaits : tout part de l’expression de leurs besoins.
Il existe un certain nombre d’ouvrages adaptés aux personnes en situation de handicap cognitif, notamment celles atteintes de troubles dys. Vous trouverez sur le site des Editeurs atypiques, un collectif de maisons d’éditions indépendantes proposant des livres adaptés, des exemples de collections pour les personnes autistes et dyslexiques.
La démarche Facile à lire est également adaptée pour les personnes atteintes de troubles cognitifs. Développée principalement en bibliothèque, elle consiste à proposer des livres sélectionnés pour leur facilité d’accès, regroupés au sein d’un espace bien identifié et présentés de face. Vous pouvez vous appuyer sur les listes bibliographiques de livres Facile à lire proposées par les bibliothèques départementales de prêt, par exemple la sélection de livres Facile à lire de la bibliothèque départementale d’Ille-et-Vilaine ou encore celle de la médiathèque départementale du Nord.
Voir également le dossier consacré au dispositif Facile à lire sur le site de la Fill et l’article consacré au Facile à lire dans le contexte spécifique de la santé et du médico-social.
Si vous travaillez dans un IME ou une autre structure médico-sociale, et que vous souhaitez mettre en place une bibliothèque dans votre structure, vous pouvez vous référer aux onglets « Qu’est-ce qu’une offre de lecture ? » et « Quel projet choisir » de la boîte à outils « Etablissements de santé et médico-sociaux ». Vous y trouverez des conseils pour constituer un fonds documentaire qui correspond aux besoins de votre public et pour monter des partenariats solides avec la bibliothèque de lecture publique de votre territoire, ou le cas échéant, avec une association de bénévoles bibliothécaires.
Il est possible de s’inspirer de modèles de bibliothèques qui existent déjà dans des IME, par exemple la bibliothèque de l’IME d’Acais à Cherbourg (Normandie), ou encore celle de l’IME Yves Farge à Vaulx-en-Velin (Auvergne-Rhône-Alpes). À noter également que la bibliothèque Daniel Pennac, située au sein de l’IME du Valais, est une antenne du réseau de bibliothèques de lecture publique de Saint-Brieuc (Bretagne). Cette bibliothèque est ouverte à tous les habitant·es du quartier. Ce sont les jeunes de l’IME eux-mêmes qui équipent et rangent les livres, et qui accueillent les usager·es.
Il existe des ouvrages en « Facile à lire et à comprendre » (FALC). Le FALC est un ensemble de règles visant à rendre accessibles des documents pour des personnes en situation de handicap intellectuel. Plusieurs éditeurs sont spécialisés en FALC et proposent des collections de qualité. Vous pouvez en découvrir certaines sur le site des Editeurs atypiques.
Pour les personnes en situation de polyhandicap, se développent depuis quelques années en bibliothèque les lectures multi-sensorielles. Elles sont adaptées à la fois aux adultes et aux enfants.
Sur le site « Lire en établissements de santé et médico-sociaux », vous trouverez également des exemples de projets en direction des personnes ayant une déficience intellectuelle, par exemple le projet mené au foyer La Corne d’Or (Normandie) ou encore la création d’un livre par les résident·es d’un foyer de vie de l’association Les Papillons Blancs (Hauts-de-France).
Sur les territoires ruraux, les bibliothèques départementales de prêt ont pour mission d’aider les réseaux de bibliothèques publiques dans les communes de moins de 10 000 habitants. Vous pouvez donc en premier lieu vous rapprocher de la bibliothèque départementale de votre territoire. Elle pourra entre autres :
- vous proposer des formations et vous conseiller sur les animations culturelles que vous pouvez mettre en place au sein de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ;
- vous prêter des livres et effectuer des dépôts de documents au sein de l’EHPAD ;
- vous proposer une sélection d’ouvrages adaptés aux spécificités du public visé.
Que ce soit dans le cadre de la subvention « Aide au développement de la lecture auprès des publics spécifiques » proposée par le Centre national du livre ou dans le cadre des appels à projets culture-santé, la demande de financement doit être centrée sur des actions de médiation en direction des publics concernés. Le coût d’achat du véhicule doit donc rester marginal par rapport au coût total du projet. Par ailleurs, le véhicule pourra être utilisé par la structure pour ses actions courantes. Son financement relève donc plutôt d’une aide au fonctionnement de la structure, plutôt qu’une aide à des projets telle que celle du CNL.
Il est effectivement possible d’intégrer cette ligne budgétaire dans la demande de financement d’un projet, que ce soit auprès du Centre national du livre ou dans le cadre des appels à projets culture-santé.
Pour en savoir plus sur les possibilités de financement existantes, consultez l’onglet « Financements » présent dans chacune des boîtes à outils du site.
Plusieurs modalités d’intervention sont possibles, qui sont détaillées dans la boîte à outils « Bibliothèques publiques », onglet « Les formes d’intervention » :
• Dépôt de documents ;
• Gestion d’une bibliothèque dans le lieu ;
• Si le lieu bénéficie d’une bibliothèque gérée par une association de bénévoles, prêt groupé de documents à cette association ;
• Intervention ponctuelle de la bibliothèque de lecture publique – par exemple lors des Nuits de la lecture ;
• Propositions culturelles plus régulières et structurées en lien avec les animations de la bibliothèque de lecture publique.
Un plaidoyer existe sur le site « Lire en établissements de santé et médico-sociaux » qui montre l’importance de développer la lecture auprès des personnes accompagnées par des établissements de santé et ESMS. Vous pouvez vous appuyer sur les arguments présentés dans ce plaidoyer pour discuter avec les équipes et les directions de ces établissements.
Vous pouvez aussi faire témoigner des personnes bénéficiaires de ces actions et des accompagnant·es qui ont déjà participé à de tels projets.
Il est essentiel d’associer le plus possible les équipes qui travaillent directement auprès des personnes bénéficiaires dans toutes les phases du projet, de sa conception à sa restitution et de les prévenir en amont de toute intervention. Leur connaissance des publics concernés est en effet indispensable pour que le projet soit adapté aux spécificités des bénéficiaires et qu’il se déroule dans de bonnes conditions. Inviter systématiquement les équipes lors des ateliers, rencontres, lectures permet de les « rassurer » sur la manière dont vous travaillez, et surtout de les acculturer à un univers qui ne leur est pas forcément familier, celui du livre et de la lecture.
Que l’on soit indépendant·e ou salarié·e d’une structure, on peut commencer par solliciter les établissements de santé et ESMS les plus proches, avec lesquels on a déjà pu être en contact. Si vous n’avez pas encore identifié de partenaires sur votre territoire, vous pouvez contacter le pôle de ressources culture et santé ou la structure régionale pour le livre de votre région, qui vous mettront en relation avec des structures. Vous pouvez également vous tourner vers la bibliothèque départementale de votre département qui travaille déjà avec les structures départementales du secteur de la santé et du médico-social : centres de protection maternelle et infantile, maisons départementales des personnes handicapées, centres de prévention et de santé, etc.
Voir l’onglet « contacts » sur le site.
Une fois la prise de contact établie et les projets définis, il est préférable d’entériner le partenariat entre un établissement de santé ou ESMS et une structure culturelle par une convention, signée par les responsables légaux des services ou des établissements. La convention permet de définir les rôles et la contribution (en termes de moyens financiers, humains, temporels) de chaque partie et de garantir leur engagement dans la durée.
Voir des exemples et modèles de conventions dans la rubrique « Ressources » du site.